petit rappel : Samy et Alice ont passé la nuit dans la chambre de cette
dernière. Samy est reparti. Comme à son habitude, Alice se torture les méninges pour savoir si elle a bien agit ou pas. Elle est vraiment difficile à suivre cette nana .... bref ... finalement
Vladimir (en beau chevalier blanc !
) vient la voir, la console, ... vraiment très très cool sur ce coup là non ?) et
voilà la suite....
Je finis par me calmer. J’essuyai d’un revers de la main mon visage. Il fallait arrêter de me donner en spectacle, ce n’était pas fair-play. Pourquoi étaler ma douleur alors que j’étais
responsable ? Je n’osai imaginer ce que, lui, devait ressentir. De nouveau, je me sentis honteuse de faire si peu de cas de ce qu’il éprouvait et éprouverait à l’avenir. Je n’en avais pas
terminé avec Samy. Il me faudrait encore jouer la comédie. Je sentis que cela serait encore plus difficile maintenant que Vladimir était là. Sans m’en rendre compte, je lâchai un gros soupir.
Vladimir s’écarta un peu pour mieux m’observer. Lorsque je croisai ses yeux, je ne pus m’empêcher de lui faire un sourire penaud. Il y répondit en me caressant la joue. Il déposa un baiser sur
mon front. Je pensai qu’il allait s’arrêter là, mais ses lèvres partirent à la découverte du reste de mon visage. C’était doux, c’était léger, c’était tendre.
Une toute petite voix me disait de l’arrêter. Il était facile de
deviner ce qui allait suivre. Si ma tête me conseillait de cesser d’en profiter, mon corps réagissait autrement. Des picotements parcouraient mon ventre et ma colonne vertébrale
simultanément.
Finalement, ses lèvres minces s’emparèrent des miennes. Elles
étaient hésitantes, goûtant avec prudence leur première union. Je frissonnai. La petite voix s’amplifia soudain. L’inimaginable se produisit : je le repoussai. Il se
figea.
- Va-t-en, soufflai-je.
Il avait le regard d’un enfant perdu. Je tins pourtant le coup.
Ce n’est pas ainsi que j’avais imaginé notre premier baiser. Enfin, si, à la réflexion, c’est ainsi que je l’avais souhaité, mais pas là ! Pas dans cette chambre où je venais de faire
l’amour avec Samy. J’avais l’impression de me salir, de nous tromper. Si jamais, plus tard, je pouvais encore bénéficier de son attachement, j’avais envie qu’il soit neuf et immaculé, emprunt
d’aucun souvenir.
Ma résolution était plus forte. Je le repoussai encore une fois,
m’éloignai de lui, de son irrésistible attraction. Il fallut tout de même que je lui tourne le dos pour me couper définitivement de sa personne.
- Va-t-en, répétai-je à voix haute.
Et comme je ne l’entendais toujours pas bouger,
j’ajoutai :
- Samy m’attend, en articulant avec soin mes mots pour éviter qu’ils ne
restent dans ma bouche.
J’entendis un vague frottement sur la moquette de la chambre.
Quand j’osai enfin un coup d’œil dans mon dos, il n’était plus là. J’inspirai profondément, bloquant tout sentiment de culpabilité ou de regret. C’était vrai, Samy m’attendait, il fallait que je
le rejoigne. J’attrapai mon manteau, pensai de justesse aux deux paquets cachés dans mon armoire et fermai soigneusement la porte à clef. Tout ce qui s’était déroulé dans cette chambre cette nuit
allait y rester, rien ne viendrai troubler la fin de l’après midi.
Le temps était toujours aussi gris, mais la couverture nuageuse
avait permis aux températures de remonter juste au-dessus de zéro. Il va peut-être neiger pensai-je. Je haussai les épaules, quelle importance le temps ?
Ainsi que je l’avais dit à Samy, marcher me fit du bien. Mes
joues piquaient un peu, j’étais essoufflée aussi. Ma bouche dégageait autant de fumée qu’un diesel froid. Plus je me rapprochais de chez Samy, plus je me sentais forte. Je serais capable d’être
tendre avec lui. Parce que cette nuit, il l’avait été avec moi. Le souvenir de la nuit me redonna confiance, me reconcentra sur la mission qui m’était assignée. Mes idées étaient plus claires,
plus contrôlées. Je réfléchissais vite, essayant d’imaginer comment allait se terminer ce vingt-cinq décembre chez Samy.
Je montai les escaliers sans peur ni appréhension. Des yeux, je
cherchai le bouton de l’interphone. Cela m’amusa, c’était la première fois que j’arrivai seule. D’habitude, j’étais toujours entrainée par Samy. J’attendis plusieurs secondes … rien … Il ne
devait pas avoir entendu. J’appuyai une seconde fois, plus longuement. Toujours rien. Samy devait être là pourtant. Il m’avait même dit de me dépêcher.
Heureusement, je vis un étudiant qui s’approchait pour sortir.
Il passa sans vraiment faire attention à moi et je m’engouffrai dans la porte qui se refermait lentement. J’allai directement à l’ascenseur, un peu inquiète de ce silence. Devant la porte
d’entrée, je renonçai à frapper. J’attrapai la poignée et ouvrai. Il n’y avait personne dans le salon. Mais au bout de quelques secondes, j’entendis leurs voix. Ou plutôt, j’entendais une voix,
celle de Samy. Il parlait doucement, comme s’il voulait convaincre. Que se passait-il ? Je m’approchai.
- … sans réfléchir. Où vas-tu aller ? Pour faire quoi ? Je me
suis expliqué, toi aussi. Je t’ai dit que je regrettais qu’on se soit battu. Je sais que tu avais raison, j’avais besoin d’une bonne correction. Je t’ai même remercié d’avoir pris soin d’Alice
après …
En entendant mon prénom, je tressaillis … je ne comprenais rien.
J’avançai encore et j’aperçus Samy en travers de la porte de la chambre de Vladimir. Il occupait tout l’espace.
- … c’est trop bête que tu partes sur un coup de tête, continuait Samy, ce
n’est pas ça qui va nous séparer, pas une petite bagarre virile. Tu es comme mon frère !
Il changea brusquement de posture.
- … et puis, tu sais que tu manqueras à Alice. Elle ne sera pas heureuse
de ne pas te voir. Je suis sure qu’elle a un cadeau pour toi. Tu remets ton départ à demain, après une bonne nuit. On verra si tu as toujours envie de partir !
Il faisait un monologue ou quoi ? Je me penchai pour jeter
un œil. Vladimir arpentait sa chambre sans écouter Samy, attrapant des vêtements, des objets et les rangeant pêle-mêle dans un sac ouvert sur son lit.
Je décidai de manifester ma présence.
- Que se passe-t-il ?
Samy sursauta, Vladimir se figea. Il me fixa de ses prunelles
bleues. Ce que j’avais redouté était arrivé. Il était distant, froid. Aucune chaleur dans son regard. Un poignard me transperça le ventre et remonta jusqu’à ma poitrine. Là, il s’appliqua à
découper mon cœur. Mais ses bords n’étaient pas tranchants, ne provoquant qu’un saignement. Non, ils étaient émoussés, aussi efficace que si on m’avait extrait l’organe avec une petite cuillère,
aussi douloureux.
- Ah ! Tu arrives quand il faut ! Aide-moi à le convaincre de
rester avec nous. Je ne sais plus quoi dire, c’est une vraie tête de mule. Il n’écoute pas.
Effectivement, il avait repris ses pas et tournoyait dans la
pièce.
- De toute façon, il ne pourra pas franchir cette porte ! Je le
retiendrai, bougonna Samy. Et puis non, je ne t’empêcherai pas de partir puisque c’est ce que tu veux, mais avant tu auras mon cadeau, ça te fera peut être changer d’avis de voir que je
pense à toi !
Il quitta la pièce prestement. L’un comme l’autre me donnait le
tournis. Entre celui qui courrait dans sa chambre et l’autre qui débitait ses paroles à toute vitesse !
- Tu n’as pas le droit de partir ! lançai-je une fois Samy
sorti.
- …
- Tu oublies pourquoi tu es là, continuai-je.
- Tu n’as pas besoin de moi !
Sa voix était emplie d’une colère froide, maitrisée mais
acérée.
- Tu sais bien que si, on n’est pas trop de deux pour surveiller Samy dans
ses moindres gestes.
Je me plantai devant lui pour l’obliger à
s’arrêter.
- Es-tu homme à fuir dès la première difficulté, dès le premier …
imprévu ?
Je le connaissais assez pour savoir qu’il était fier. Pas
orgueilleux comme Samy, mais très chatouilleux lorsqu’il était question d’abandon. De nouveau, il se figea, j’avais touché juste.
- Je le lis dans tes yeux, tu vas rester parce que tu sais que tu le dois.
Tu sais ce que t’as demandé Jeff. Tu ne laisseras pas tomber …
Je me retournais vivement et sortis pour ne pas ajouter
« ta coéquipière ». Il fallait qu’il reste, pour le bien de la mission.
Samy arriva à cet instant, un paquet à la
main.
- C’est bon, t’as le temps, il a décidé de rester.
J’avais parlé fort pour montrer à Vladimir, que c’était dit, il
ne pouvait plus rien faire.
J’entrainai Samy vers le salon.
- Mets de la musique, que cela soit plus festif !
l’implorai-je.
Je pris le commandement des opérations. Je savais que le frigo
était plein de victuailles que nous avions achetées tous les trois, ensemble, quelques jours auparavant. Je sortis les toasts, mis au four quelques canapés et attrapai trois verres et une
bouteille de vin sucré. Je découpai avec soin quelques tranches de foie gras que je disposai sur une assiette. Ensuite, je sortis des verrines du réfrigérateur (vive le traiteur !) et
emmenai le tout sur la table basse du salon.
Un air jazzy résonnait maintenant dans la pièce. L’atmosphère en
était un peu allégée. Samy vint à ma rencontre et m’aida à déposer la nourriture sur la table. Vladimir était assis dans un fauteuil, les bras croisés et le visage fermé. Je n’osai croiser son
regard … Finalement, Samy nous servit chacun un verre. Je pris le mien, ainsi que Vladimir après une infime hésitation.
Nous étions tous les trois assis autour de la table basse.
Maintenant que je ne m’activais plus, je ressentais pleinement la tension qui régnait dans la pièce. Samy fronçait les sourcils et Vladimir ne s’était toujours pas déridé. Heureusement, Samy leva
son verre.
- A ce Noël aigre-doux, riche en émotions fortes.
Il me regarda avec un clin d’œil. Je déglutis difficilement. Il
semblait effacer les événements de la salle de bain avec une facilité déconcertante. En même temps, c’est exactement ce que j’avais espéré. Je lui retournai donc son regard complice et
entrechoquai mon verre avec le sien.
Nous nous tournâmes vers Vladimir.
- Aigre-doux ? Amèrement salé, je trouve plutôt.
Sur ces drôles de paroles, il accepta néanmoins de trinquer avec
nous.
Une fois de plus, l’orage semblait être passé. Instinctivement,
je sentis le nœud de mon ventre se relâcher.
Avec un empressement enfantin, Samy nous tendit à chacun un
paquet soigneusement emballé. Le mien était plat et carré, celui de Vladimir, plus compact et rectangulaire.
Je me levai et allai chercher ce que, moi, j’avais prévu pour
eux. Lorsque je revins, Vladimir avait déposé lui aussi deux paquets sur la table.
Nous nous regardâmes un instant tous les trois. Enfin, de
véritables sourires apparurent sur nos lèvres. C’était peut-être la fameuse magie de noël … d’un coup, nous tournions la page sur les événements de cette nuit : oubliée la soirée du Mayor et
oubliée la gifle de la salle de bain … le reste de la nuit était enfermé dans mon petit cœur.
- Alice, tu ouvres d’abord les tiens ! dit Samy.
- Pourquoi moi en premier ? pourquoi pas
toi ?
J’étais embarrassée et inquiète de ce qu’il pouvait y avoir dans
les papiers brillants. C’était bête, mais j’étais aussi nerveuse. Sur le moment, tout m’avait semblé parfait, mais maintenant qu’ils étaient à deux doigts de déballer mes paquets, je n’avais
qu’une envie : m’enfuir dans la cuisine !
Les deux hommes insistèrent de concert pour que je déballe mes
présents la première, pour une fois qu’ils étaient d’accord ! Je m’inclinai, rien ne servait de résister plus longtemps.
Je soupesai le paquet de Samy. Il était léger, mais
rigide.
- Arrête de le plier, tu vas le casser ! Ouvre-le au lieu d’essayer
de deviner ce que c’est !
J’obéis. A mesure que je déchirais le papier, mon cœur s’accélérait. Etait-ce
vraiment de ce que je pensais que cela était ? Je n’osais pas y croire, de peur d’être déçue. Finalement, l’objet fut dans mes mains. Il m’avait offert un 45 tour d’Elvis Presley,
Love me tender, Love me true, édition collector de 1956, dédicacée par la star lui-même ! J’étais folle de cet
artiste. Il était pour moi l’essence même du rock romantique. Chacune de ses chansons d’amour provoquaient en moi une avalanche d’émotions. J’aurais surement pu être une terrible groupie si
j’étais née plus tôt !
Je touchai les rebords nets du carton à peine usé, comme s’il
avait été conservé jalousement pendant toutes ces années. Le chanteur s’affichait en gros en noir et blanc et offrait à mes yeux un regard ténébreux.
Enfin, je levai les yeux vers Samy.
- Merci, ça me touche beaucoup. Tu veux bien le mettre sur ton tourne
disque ?
Il se leva et j’en profitai pour me reprendre. J’avais été
sincère lorsque j’avais dit que cela m’allait droit au cœur. Il me semblait n’avoir mentionné qu’une seule fois ma vénération pour le King.
C’était Samy. Parfois, il me tapait sur les nerfs, d’autres
fois, il devinait facilement ce qui pouvait m’émouvoir, cela était très déroutant. Et difficile à admettre. Il revint vers moi, alors que le vieux disque emplissait l’air de ses craquements
sortis d’un autre temps. Il passa ses bras autour de moi et commença à me susurrer les paroles de la chanson.
- Love me tender, love me sweet,
never let me go. You have made my life complete, and I love you so. Love me tender, love me true, all my dreams
fulfilled. For my darlin I love you, and I always will.
Du coin de l’œil, je vis Vladimir croiser et décroiser ses
jambes. Je m’arrachai, avec plus de difficultés que je ne l’aurai voulu, des paroles envoutantes prononcées par Samy.
- Il me reste un paquet à ouvrir !
claironnai-je.
Samy s’était un peu éloigné de moi, mais son bras enlaçait
toujours mes épaules. Je m’emparai du dernier paquet. J’étais curieuse de ce que Vladimir avait pu acquérir pour moi. Je déchirai le papier et trouvait un portefeuille en cuir
rouge.
- J’ai vu que le tien était tout abimé, alors j’ai pensé que ça serait une
bonne idée…
J’acquiesçai, mais ne dit rien. Le vieux portefeuille que
j’avais était celui de Paul…
- … mais je l’ai personnalisé … ouvre-le,
m’encouragea-t-il.
Dans une pochette transparente prévue à cet effet, il y avait
une photo de nous trois. Si je me souvenais bien, elle avait été prise courant novembre, lors d’une soirée chez un ami de Samy. J’étais au milieu, entourée de « mes » deux hommes. L’un
souriait de toute sa bouche, l’autre avait les lèvres pincées, mais ses yeux bleus pétillaient. Instantanément, j’adorai cette photo. Je remerciai en silence Samy d’avoir pu retenir Vladimir pour
qu’il m’offre cette image de nous trois. J’allais le remercier, mais je ne pus croiser son regard. Il me semblait à des années lumière de moi. Il avait ses yeux plongés dans son verre de vin et
faisait tourner le liquide.
- A nous ! dit soudain Samy.
Sa voix me fit presque sursauter.
- J’ai hâte de voir ce que tu as trouvé pour
moi !
- J’ai gardé le ticket de caisse au cas où je me serai lamentablement
trompée, l’informai-je.
Il rit tout en défaisant son paquet. Je tentai d’observer leurs
deux réactions simultanément, mais Samy glapit de joie le premier. Du coup, je fus distraite et ne pus voir ce que Vladimir pensait de mon présent.
- Il est magnifique ! J’adore !
- J’ai fait graver « University of London, 2008 », comme ça, tu
n’auras pas d’excuse pour ne pas te souvenir de l’année de notre rencontre !
Samy observait attentivement le bracelet en argent que je lui
avais offert. Il était dur et épousait parfaitement son poignet. Des signes, d’origines celtes si j’en croyais le vendeur, étaient dessinés et s’entrelaçaient jusqu’à l’infini. Le vendeur,
toujours lui !, m’avait certifié que cela signifiait quelque chose comme indestructibilité. Je trouvais que cela correspondait bien à Samy.
- Et toi qu’as-tu eu ? questionna Samy.
- Une montre, répondit Vladimir.
Il avait répondu d’une voix égale tout en montrant son
poignet.
- Elle te plait ? demandai-je en tentant de cacher une pointe de
déception.
J’avais tergiversé pendant tellement longtemps pour choisir le
modèle que j’avais espéré un peu plus d’enthousiasme de sa part !
- Elle est à l’heure, me répondit-il.
Je sentis tous mes cheveux et poils se hérisser sur mon être. Je
détestais lorsqu’il répondait de manière incohérente. Bien sûr que cette montre était à l’heure ! Mais ce n’était pas ma question !
Je dissimulai mon énervement en attrapant un toast. Je ruminai
le comportement de Vladimir : clairement, il avait décidé de ne plus m’accorder une once d’attention. J’avais beau me répéter que c’était prévisible, je me détestais de ressentir un léger
pincement, comme si un pieu rouillé me transperçait le cœur !
J’eus vaguement conscience que Vladimir avait offert à Samy une
parure de stylos en je-ne-sais qu’elle matière et que ce dernier s’était procuré pour son ami un livre en langue tchèque. Une biographie je crois.
Je n’étais plus vraiment attentive. Je n’avais qu’une envie,
c’était que la journée se termine, pour que je puisse me retirer dans la pénombre protectrice de la nuit.
Tout était trop lumineux, trop clair, pour moi en cet
instant :
J’avais regagné la confiance de Samy.
J’avais perdu l’admiration de Vladimir.
Il s’était détaché de moi, aussi rapidement que Samy avait
oublié l’épisode de la gifle. Qu’avait-il dit déjà ? Ah, oui, atrophiée … petite, minuscule la partie de son cerveau qui était capable de sentiments … Et j’avais cru que moi, Alice, j’avais
fait repousser ses neurones ? Pff, j’étais trop orgueilleuse !
chapitre 13 fini, mais qui mérite des corrections ... il est un peu lent ... promis, je m'exerce pour
faire le chapitre 14 plus enlevé .... on s'motive, on s'motive ...
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