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  • un (petit) brin d'herbe
  • Le blog de brin d'herbe
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  • 26/11/1984

brindherbe

Te voilà sur ma page d'accueil.
Si tu souhaites lire mon essai de "roman", va voir dans la catégorie "histoire de voir ..." : les textes sont rangés par chapitre, chaque chapitre découpé en plusieurs parties ...

Copyright

Propriété intellectuelle, inutilisable en partie ou entièrement par un tiers sous peine de poursuites

ça c'est la version polie conseillée par une amie bloggeuse confirmée (adresse de son site en premier dans "les blogs que j'aime") pour protéger mes textes, voici la mienne de version ... :


Si jamais des petits malins essayaient de publier mes merveilleux, talentueux, inimitables, incroyables écrits en leur nom, je leur collerais un procès aux fesses et je ne lâcherais pas l'affaire !
A bon entendeur ....

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J'avance de trois pas, je recule de deux, mais au final je suis plus loin qu'au départ.

Douter pour mieux avancer.

Introduction au blog

Ami lecteur, bienvenue.

Je te remercie de me rendre une petite visite et j'espère que tu auras autant de plaisir à lire mes mots que j'en ai eu à les écrire !
Si ce n'était pas le cas, et que tu souhaites me faire part de tes critiques (qui me permettront de m'améliorer !), n'hésite pas à me laisser un commentaire !
Si carrément, tu trouves que je suis ennuyeuse, dis le aussi, ça m'évitera de perdre mon temps et de polluer la toile !
Mercredi 27 mai 2009 3 27 /05 /Mai /2009 20:04
après un long moment de pause, voici un ptit bout du chapitre 14 (encore en contruction !!!! pfffffffff)


Chapitre 14 :

«  Les passagers du vol British Airways, numéro 1126, à destination d’Ibiza, départ 9h50, sont invités à se présenter à la porte d’embarquement 22. »

« Les passagers du vol British Airways, numéro 1126, à destination d’Ibiza, … »

-          C’est pour nous, allons-y, dit Samy en se levant.

J’attrapai mon sac de voyage et le suivis docilement.

-          Mais, où est-il donc passé ? C’est pire que de voyager avec un enfant ! Il faut toujours vérifier qu’il ne nous perd pas !

Je souris vaguement. C’est vrai que Vladimir faisait tout pour disparaitre ces derniers temps. Il passait à l’appartement en coup de vent, ne restait pas en place … j’avais l’impression qu’il nous évitait.

-          Tu t’inquiètes trop pour lui, il a dû entendre l’annonce, il va nous rejoindre.

Effectivement, nous le vîmes apparaitre, les bras chargés de journaux.

-          Tu sais que le vol n’est que d’à peine deux heures trente, ironisa Samy, je ne pense pas que tu ais le temps de tout lire.

-          Au moins, ça m’occupera pendant les vacances … Je n’aurai pas à subir vos roucoulements d’amoureux … je me demande encore pourquoi je viens … j’ai l’impression de vous accompagner en lune de miel ! Au moins, par pitié, modérez vos dégoulinements d’amour pendant le vol. Je serais capable d’ouvrir la porte et de sauter en plein vol.

-          Tu verras quand tu seras amoureux, répondit Samy, hilare et il lui enfonça son point dans l’épaule. D’ailleurs, reprit-il, si ça se trouve, tu vas rencontrer quelqu’un sur mon île. Crois-moi, les Espagnoles valent le détour ! … même, si rien, ne vaut le charme d’une petite Française, ajouta-t-il comme pour s’excuser de sa goujaterie.

Je commençais à être habituée aux instincts d’entremetteuse de Samy. Cela faisait des jours qu’il essayait de pousser Vladimir dans les bras d’une fille. J’étais secrètement ravie que ce dernier résiste …

-          Si c’est pour me faire prendre femme que tu as insisté pour que je vienne, j’aurais très bien pu rester en Angleterre …

-          Non, ce n’est que la partie immergée de l’iceberg ! Tu sais très bien pourquoi Baptiste veut te voir !

-          Me rencontrer … pff, j’ai l’impression d’être ta petite amie qui va être présentée à toute ta famille. Mon chéri ! Si jamais, il ne m’accepte pas, qui choisiras-tu ? Lui ou moi ? railla Vladimir en transformant sa voix.

Samy riait encore lorsque nous traversâmes la passerelle pour entrer dans l’avion. Nous avions des places en business. Je m’installai près du hublot, encore étonnée de me trouver là. Les cours reprenaient dans deux jours, mais Baptiste avait appelé trois jours plus tôt, demandant, exigeant plutôt, que nous venions le voir rapidement. Je soupirai, cette rencontre ne me disait rien qui vaille et je sentais que nous allions au devant d’ennuis.

-          Tu sembles tendue. Tu n’aimes pas prendre l’avion ? me demanda Samy avec sollicitude.

Chaque jour, sa douceur me surprenait. Je découvrais un Samy que je n’avais pas soupçonné.

-          Non, je n’ai pas peur de prendre l’avion.

-          Que crains-tu alors ?

Il m’attira vers lui et je posai ma tête contre son épaule.

-          Je suis anxieuse de rencontrer ton frère. Pourquoi tient-il à me voir ?

-          Je te l’ai déjà répété, il veut connaitre ma petite amie. Il a tendance à être une vraie mère poule pour moi ! sourit Samy.

-          Je ne cesse de me dire que quelqu’un comme lui a surement autre chose à faire qu’à surveiller tes fréquentations. Dis-moi réellement ce qu’il a à l’esprit.

-          Personne ne sait jamais ce qu’il pense, même pas moi. Ne t’inquiète pas. C’est tout-à-fait naturel qu’il veuille voir ceux qui m’ont accompagné pour rencontrer Betley.

-          Evidemment, il veut voir si je suis digne de confiance maintenant que je suis au courant de ses « affaires ».

Samy approuva.

-          Et si je ne le suis pas, digne de confiance à ses yeux, c’est lui ou c’est toi qui me descendra pour s’assurer de mon silence ?

-          Alice, grogna le jeune homme, c’est donc ce qui tourne dans ta tête depuis trois jours. J’ignorais que tu pouvais avoir autant d’imagination ! Mon frère est un trafiquant, chuchota-t-il à mon oreille pour que personne ne l’entende, mais pas un tueur. Ce n’est pas le Parrain de Chicago que tu vas rencontrer tout de même !

Je ne dis rien, mais ne pus m’empêcher de repenser à ce qu’il m’avait raconté : Vladimir et lui était capable de tuer, alors Baptiste …

Les hôtesses commencèrent leur ballet de recommandations en cas de crash de l’appareil … rassurant … puis elles vérifièrent nos ceintures alors que l’avion s’engageait sur la piste de décollage. Samy tenait ma main et la caressait doucement comme pour m’apaiser. Je lui souris et tournai mes yeux vers le hublot pour échapper à son regard inquisiteur.

Une fois, l’appareil stabilisé en plein ciel, les hôtesses défilèrent pour nous proposer à boire. Elles s’adressaient aux passagers en anglais ou en espagnol. J’entendis Vladimir commander quelque chose en espagnol, Samy utilisa la même langue. C’était la première fois que je l’entendais s’exprimer dans sa langue natale. Sa voix était plus accentuée, plus gutturale. Au moment où, tout naturellement, l’hôtesse enchaina aussi en espagnol pour me parler, je pris conscience que, de nous trois, je serais la seule à être isolée par la langue. Cela ne fit qu’augmenter mon angoisse latente. Samy vint à ma rescousse en lui signalant que je ne parlais pas espagnol. Elle garda son charmant sourire aux lèvres et s’adressa à moi en anglais.

Le reste du voyage se déroula presqu’en silence. Ainsi qu’il l’avait dit, Vladimir se plongea dans la lecture de ses journaux. Samy ferma les yeux et s’installa confortablement dans son siège. Je ne savais pas s’il dormait vraiment, mais il ne rouvrit les yeux que lorsque le pilote annonça notre descente vers Ibiza. La mer Méditerranée s’étendait sous mes yeux. L’île paraissait très petite vue d’en haut. Malgré la tension qui régnait dans mon estomac, je ne pus m’empêcher d’admirer le paysage. Samy se pencha vers moi.

-          C’est beau, n’est-ce pas ?

-          Très. Je comprends que tu aies eu du mal à partir pour Londres.

-          Le plus rude a été, sans surprise, le changement de climat. Tu vas voir, même en début de janvier, l’air est doux, et dès qu’il y a du soleil, il fait presque chaud.

Tout en parlant, il m’embrassait dans le cou. Mon corps frissonna. J’étais très sensible à cet endroit. Samy le savait et il ne manquait pas de s’en servir pour arriver à ses fins.

-          Je sais que tu as peur de le voir, mais moi, je suis heureux de t’amener chez moi. J’espère que tu vas aimer mon île.

La façon qu’il avait de dire « mon » île me faisait sourire.

-          Et si je ne supporte pas le ciel bleu, le soleil éclatant, la mer turquoise et le sable fin, tu fais quoi ? Tu me remets dans le premier avion ? le taquinai-je.

-          Et je repars avec toi. Après tout, je n’ai pas besoin de tout ça pour être heureux, dit-il en désignant le morceau de terre qui grandissait à toute vitesse, il faut simplement que je sois près de toi.

Je haussai les épaules et levai les yeux pour cacher mon embarras. Vraiment, je ne me faisais pas aux innombrables déclarations d’amour de Samy. Bien sûr, c’est parce que je n’étais pas vraiment amoureuse de lui. Mais, même si notre relation avait été « normale », je n’aurais pas supporté tout ce flot de parole. Qu’avait-dit Vladimir ? C’était dégoulinant … c’était vrai ! A moins, me soufflait ma petite voix, que ces quelques paroles d’amoureux transi ne te touchent plus qu’il ne le faudrait …

-          Alice, Alice, murmura-t-il, je ne sais pourquoi tu refuses de croire mes paroles lorsque je te dis que je t’aime, mais je jure de te convaincre de ma sincérité, dus-je y passer toute ma vie. Tu verras, un jour, tu t’abandonneras vraiment et tu comprendras combien tu es essentielle à mes yeux.

Il attira ma bouche contre la sienne et m’embrassa longuement, tendrement. Et voilà, une fois de plus, Samy avait su lire ma réticence envers lui. Décidemment, je ne parvenais plus à le berner sur quoique se soit.

Une légère secousse se fit sentir : nous étions arrivés. L’avion roula quelques minutes puis se stabilisa près d’un terminal. Tranquillement, nous descendîmes sur la piste. Samy avait raison, il faisait bon. Nous patientâmes quinze minutes pour récupérer nos sacs de voyage. Puis Samy nous entraina, sûr de lui, à travers les couloirs de l’aéroport. Nous étions tous les trois munis de passeport européen, si bien, que nous n’eûmes pas à nous plier au contrôle des identités. Samy se dirigea vers un comptoir de location de voitures. Je le regardai d’un air interrogateur.

-          Baptise a réservé une voiture pour nous. Il ne peut pas venir nous chercher. Il se fait discret en ce moment, il préfère ne pas attirer l’attention sur lui en venant à l’aéroport.

Ce n’était plus le même homme. Il y avait un subtil changement. Il était plus vif, comme s’il endossait un ancien rôle. Vladimir ne disait rien. Il suivait Samy sans rien laisser transparaître. Avec la télécommande à distance, Samy déverrouilla les portes d’une  voiture garée sur le parking. Lorsque je vis les feux clignoter, je ne pus retenir un petit sifflement.

-          Tu te mets à apprécier les voitures maintenant ? rigola Samy, ravi de voir ma réaction.

-          J’ai toujours eu un faible pour les Audi, répondis-je d’un ton badin qui ne trompa personne.

-          Baptiste ne jure que par cette marque … je les trouve un peu trop sobre, je préfère ma petite BMW !

Nous montâmes dans l’A4 grise. Samy prit le volant, et nous mena à travers la ville. Je découvrais les alentours pour la première fois. Il y avait peu de monde dans les rues. La circulation était fluide. Rapidement, nous sortîmes de la ville.

-          Où habites-tu exactement ?

Je réalisai qu’il ne m’avait rien dit de son « chez lui ».

-          C’est un petit coin de paradis.

Il s’engagea soudainement dans une allée ensablée. Au bout de quelques centaines de mètres, la mer s’offrit à nous.

-          Tu habites une cabane sur la plage ? le taquina Vladimir du siège arrière, mais il était aussi curieux que moi.

Tournant sur la droite, Samy roula parallèlement au rivage. J’ouvris la fenêtre. Je pouvais entendre les vagues s’écraser légèrement sur le sable.

Finalement, un amas rocheux se dressa devant nous. Au sommet, on pouvait deviner une grande villa. Samy ralentit et se présenta à un grand portail. Il baissa sa vitre.

-          C’est moi, annonça-t-il simplement.

Publié dans : histoire de voir ...
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Lundi 20 avril 2009 1 20 /04 /Avr /2009 18:46

petit rappel : Samy et Alice ont passé la nuit dans la chambre de cette dernière. Samy est reparti. Comme à son habitude, Alice se torture les méninges pour savoir si elle a bien agit ou pas. Elle est vraiment difficile à suivre cette nana .... bref ... finalement Vladimir (en beau chevalier blanc ! ) vient la voir, la console, ... vraiment très très cool sur ce coup là non ?) et voilà la suite....

Je finis par me calmer. J’essuyai d’un revers de la main mon visage. Il fallait arrêter de me donner en spectacle, ce n’était pas fair-play. Pourquoi étaler ma douleur alors que j’étais responsable ? Je n’osai imaginer ce que, lui, devait ressentir. De nouveau, je me sentis honteuse de faire si peu de cas de ce qu’il éprouvait et éprouverait à l’avenir. Je n’en avais pas terminé avec Samy. Il me faudrait encore jouer la comédie. Je sentis que cela serait encore plus difficile maintenant que Vladimir était là. Sans m’en rendre compte, je lâchai un gros soupir. Vladimir s’écarta un peu pour mieux m’observer. Lorsque je croisai ses yeux, je ne pus m’empêcher de lui faire un sourire penaud. Il y répondit en me caressant la joue. Il déposa un baiser sur mon front. Je pensai qu’il allait s’arrêter là, mais ses lèvres partirent à la découverte du reste de mon visage. C’était doux, c’était léger, c’était tendre.

Une toute petite voix me disait de l’arrêter. Il était facile de deviner ce qui allait suivre. Si ma tête me conseillait de cesser d’en profiter, mon corps réagissait autrement. Des picotements parcouraient mon ventre et ma colonne vertébrale simultanément.

Finalement, ses lèvres minces s’emparèrent des miennes. Elles étaient hésitantes, goûtant avec prudence leur première union. Je frissonnai. La petite voix s’amplifia soudain. L’inimaginable se produisit : je le repoussai. Il se figea.

-          Va-t-en, soufflai-je.

Il avait le regard d’un enfant perdu. Je tins pourtant le coup. Ce n’est pas ainsi que j’avais imaginé notre premier baiser. Enfin, si, à la réflexion, c’est ainsi que je l’avais souhaité, mais pas là ! Pas dans cette chambre où je venais de faire l’amour avec Samy. J’avais l’impression de me salir, de nous tromper. Si jamais, plus tard, je pouvais encore bénéficier de son attachement, j’avais envie qu’il soit neuf et immaculé, emprunt d’aucun souvenir.

Ma résolution était plus forte. Je le repoussai encore une fois, m’éloignai de lui, de son irrésistible attraction. Il fallut tout de même que je lui tourne le dos pour me couper définitivement de sa personne.

-          Va-t-en, répétai-je à voix haute.

Et comme je ne l’entendais toujours pas bouger, j’ajoutai :

-          Samy m’attend, en articulant avec soin mes mots pour éviter qu’ils ne restent dans ma bouche.

J’entendis un vague frottement sur la moquette de la chambre. Quand j’osai enfin un coup d’œil dans mon dos, il n’était plus là. J’inspirai profondément, bloquant tout sentiment de culpabilité ou de regret. C’était vrai, Samy m’attendait, il fallait que je le rejoigne. J’attrapai mon manteau, pensai de justesse aux deux paquets cachés dans mon armoire et fermai soigneusement la porte à clef. Tout ce qui s’était déroulé dans cette chambre cette nuit allait y rester, rien ne viendrai troubler la fin de l’après midi.

Le temps était toujours aussi gris, mais la couverture nuageuse avait permis aux températures de remonter juste au-dessus de zéro. Il va peut-être neiger pensai-je. Je haussai les épaules, quelle importance le temps ?

Ainsi que je l’avais dit à Samy, marcher me fit du bien. Mes joues piquaient un peu, j’étais essoufflée aussi. Ma bouche dégageait autant de fumée qu’un diesel froid. Plus je me rapprochais de chez Samy, plus je me sentais forte. Je serais capable d’être tendre avec lui. Parce que cette nuit, il l’avait été avec moi. Le souvenir de la nuit me redonna confiance, me reconcentra sur la mission qui m’était assignée. Mes idées étaient plus claires, plus contrôlées. Je réfléchissais vite, essayant d’imaginer comment allait se terminer ce vingt-cinq décembre chez Samy.

Je montai les escaliers sans peur ni appréhension. Des yeux, je cherchai le bouton de l’interphone. Cela m’amusa, c’était la première fois que j’arrivai seule. D’habitude, j’étais toujours entrainée par Samy. J’attendis plusieurs secondes … rien … Il ne devait pas avoir entendu. J’appuyai une seconde fois, plus longuement. Toujours rien. Samy devait être là pourtant. Il m’avait même dit de me dépêcher.

Heureusement, je vis un étudiant qui s’approchait pour sortir. Il passa sans vraiment faire attention à moi et je m’engouffrai dans la porte qui se refermait lentement. J’allai directement à l’ascenseur, un peu inquiète de ce silence. Devant la porte d’entrée, je renonçai à frapper. J’attrapai la poignée et ouvrai. Il n’y avait personne dans le salon. Mais au bout de quelques secondes, j’entendis leurs voix. Ou plutôt, j’entendais une voix, celle de Samy. Il parlait doucement, comme s’il voulait convaincre. Que se passait-il ? Je m’approchai.

-          … sans réfléchir. Où vas-tu aller ? Pour faire quoi ? Je me suis expliqué, toi aussi. Je t’ai dit que je regrettais qu’on se soit battu. Je sais que tu avais raison, j’avais besoin d’une bonne correction. Je t’ai même remercié d’avoir pris soin d’Alice après …

En entendant mon prénom, je tressaillis … je ne comprenais rien. J’avançai encore et j’aperçus Samy en travers de la porte de la chambre de Vladimir. Il occupait tout l’espace.

-          … c’est trop bête que tu partes sur un coup de tête, continuait Samy, ce n’est pas ça qui va nous séparer, pas une petite bagarre virile. Tu es comme mon frère !

Il changea brusquement de posture.

-          … et puis, tu sais que tu manqueras à Alice. Elle ne sera pas heureuse de ne pas te voir. Je suis sure qu’elle a un cadeau pour toi. Tu remets ton départ à demain, après une bonne nuit. On verra si tu as toujours envie de partir !

Il faisait un monologue ou quoi ? Je me penchai pour jeter un œil. Vladimir arpentait sa chambre sans écouter Samy, attrapant des vêtements, des objets et les rangeant pêle-mêle dans un sac ouvert sur son lit.

Je décidai de manifester ma présence.

-          Que se passe-t-il ?

Samy sursauta, Vladimir se figea. Il me fixa de ses prunelles bleues. Ce que j’avais redouté était arrivé. Il était distant, froid. Aucune chaleur dans son regard. Un poignard me transperça le ventre et remonta jusqu’à ma poitrine. Là, il s’appliqua à découper mon cœur. Mais ses bords n’étaient pas tranchants, ne provoquant qu’un saignement. Non, ils étaient émoussés, aussi efficace que si on m’avait extrait l’organe avec une petite cuillère, aussi douloureux.

-          Ah ! Tu arrives quand il faut ! Aide-moi à le convaincre de rester avec nous. Je ne sais plus quoi dire, c’est une vraie tête de mule. Il n’écoute pas.

Effectivement, il avait repris ses pas et tournoyait dans la pièce.

-          De toute façon, il ne pourra pas franchir cette porte ! Je le retiendrai, bougonna Samy. Et puis non, je ne t’empêcherai pas de partir puisque c’est ce que tu veux, mais avant tu auras mon cadeau, ça te fera peut être changer d’avis  de voir que je pense à toi !

Il quitta la pièce prestement. L’un comme l’autre me donnait le tournis. Entre celui qui courrait dans sa chambre et l’autre qui débitait ses paroles à toute vitesse !

-          Tu n’as pas le droit de partir ! lançai-je une fois Samy sorti.

-         

-          Tu oublies pourquoi tu es là, continuai-je.

-          Tu n’as pas besoin de moi !

Sa voix était emplie d’une colère froide, maitrisée mais acérée.

-          Tu sais bien que si, on n’est pas trop de deux pour surveiller Samy dans ses moindres gestes.

Je me plantai devant lui pour l’obliger à s’arrêter.

-          Es-tu homme à fuir dès la première difficulté, dès le premier … imprévu ?

Je le connaissais assez pour savoir qu’il était fier. Pas orgueilleux comme Samy, mais très chatouilleux lorsqu’il était question d’abandon. De nouveau, il se figea, j’avais touché juste.

-          Je le lis dans tes yeux, tu vas rester parce que tu sais que tu le dois. Tu sais ce que t’as demandé Jeff. Tu ne laisseras pas tomber 

Je me retournais vivement et sortis pour ne pas ajouter « ta coéquipière ». Il fallait qu’il reste, pour le bien de la mission.

Samy arriva à cet instant, un paquet à la main.

-          C’est bon, t’as le temps, il a décidé de rester.

J’avais parlé fort pour montrer à Vladimir, que c’était dit, il ne pouvait plus rien faire.

J’entrainai Samy vers le salon.

-          Mets de la musique, que cela soit plus festif ! l’implorai-je.

Je pris le commandement des opérations. Je savais que le frigo était plein de victuailles que nous avions achetées tous les trois, ensemble, quelques jours auparavant. Je sortis les toasts, mis au four quelques canapés et attrapai trois verres et une bouteille de vin sucré. Je découpai avec soin quelques tranches de foie gras que je disposai sur une assiette. Ensuite, je sortis des verrines du réfrigérateur (vive le traiteur !) et emmenai le tout sur la table basse du salon.

Un air jazzy résonnait maintenant dans la pièce. L’atmosphère en était un peu allégée. Samy vint à ma rencontre et m’aida à déposer la nourriture sur la table. Vladimir était assis dans un fauteuil, les bras croisés et le visage fermé. Je n’osai croiser son regard … Finalement, Samy nous servit chacun un verre. Je pris le mien, ainsi que Vladimir après une infime hésitation.

Nous étions tous les trois assis autour de la table basse. Maintenant que je ne m’activais plus, je ressentais pleinement la tension qui régnait dans la pièce. Samy fronçait les sourcils et Vladimir ne s’était toujours pas déridé. Heureusement, Samy leva son verre.

-          A ce Noël aigre-doux, riche en émotions fortes.

Il me regarda avec un clin d’œil. Je déglutis difficilement. Il semblait effacer les événements de la salle de bain avec une facilité déconcertante. En même temps, c’est exactement ce que j’avais espéré. Je lui retournai donc son regard complice et entrechoquai mon verre avec le sien.

Nous nous tournâmes vers Vladimir.

-          Aigre-doux ? Amèrement salé, je trouve plutôt.

Sur ces drôles de paroles, il accepta néanmoins de trinquer avec nous.

Une fois de plus, l’orage semblait être passé. Instinctivement, je sentis le nœud de mon ventre se relâcher.

Avec un empressement enfantin, Samy nous tendit à chacun un paquet soigneusement emballé. Le mien était plat et carré, celui de Vladimir, plus compact et rectangulaire.

Je me levai et allai chercher ce que, moi, j’avais prévu pour eux. Lorsque je revins, Vladimir avait déposé lui aussi deux paquets sur la table.

Nous nous regardâmes un instant tous les trois. Enfin, de véritables sourires apparurent sur nos lèvres. C’était peut-être la fameuse magie de noël … d’un coup, nous tournions la page sur les événements de cette nuit : oubliée la soirée du Mayor et oubliée la gifle de la salle de bain … le reste de la nuit était enfermé dans mon petit cœur.

-          Alice, tu ouvres d’abord les tiens ! dit Samy.

-          Pourquoi moi en premier ? pourquoi pas toi ?

J’étais embarrassée et inquiète de ce qu’il pouvait y avoir dans les papiers brillants. C’était bête, mais j’étais aussi nerveuse. Sur le moment, tout m’avait semblé parfait, mais maintenant qu’ils étaient à deux doigts de déballer mes paquets, je n’avais qu’une envie : m’enfuir dans la cuisine !

Les deux hommes insistèrent de concert pour que je déballe mes présents la première, pour une fois qu’ils étaient d’accord ! Je m’inclinai, rien ne servait de résister plus longtemps.

Je soupesai le paquet de Samy. Il était léger, mais rigide.

-          Arrête de le plier, tu vas le casser ! Ouvre-le au lieu d’essayer de deviner ce que c’est !

J’obéis. A mesure que je déchirais le papier, mon cœur s’accélérait. Etait-ce vraiment de ce que je pensais que cela était ? Je n’osais pas y croire, de peur d’être déçue. Finalement, l’objet fut dans mes mains. Il m’avait offert un 45 tour d’Elvis Presley, Love me tender, Love me true, édition collector de 1956, dédicacée par la star lui-même ! J’étais folle de cet artiste. Il était pour moi l’essence même du rock romantique. Chacune de ses chansons d’amour provoquaient en moi une avalanche d’émotions. J’aurais surement pu être une terrible groupie si j’étais née plus tôt !

Je touchai les rebords nets du carton à peine usé, comme s’il avait été conservé jalousement pendant toutes ces années. Le chanteur s’affichait en gros en noir et blanc et offrait à mes yeux un regard ténébreux.

Enfin, je levai les yeux vers Samy.

-          Merci, ça me touche beaucoup. Tu veux bien le mettre sur ton tourne disque ?

Il se leva et j’en profitai pour me reprendre. J’avais été sincère lorsque j’avais dit que cela m’allait droit au cœur. Il me semblait n’avoir mentionné qu’une seule fois ma vénération pour le King.

C’était Samy. Parfois, il me tapait sur les nerfs, d’autres fois, il devinait facilement ce qui pouvait m’émouvoir, cela était très déroutant. Et difficile à admettre. Il revint vers moi, alors que le vieux disque emplissait l’air de ses craquements sortis d’un autre temps. Il passa ses bras autour de moi et commença à me susurrer les paroles de la chanson.

-          Love me tender, love me sweet, never let me go. You have made my life complete, and I love you so. Love me tender, love me true, all my dreams fulfilled. For my darlin I love you, and I always will.

Du coin de l’œil, je vis Vladimir croiser et décroiser ses jambes. Je m’arrachai, avec plus de difficultés que je ne l’aurai voulu, des paroles envoutantes prononcées par Samy.

-          Il me reste un paquet à ouvrir ! claironnai-je.

Samy s’était un peu éloigné de moi, mais son bras enlaçait toujours mes épaules. Je m’emparai du dernier paquet. J’étais curieuse de ce que Vladimir avait pu acquérir pour moi. Je déchirai le papier et trouvait un portefeuille en cuir rouge.

-          J’ai vu que le tien était tout abimé, alors j’ai pensé que ça serait une bonne idée…

J’acquiesçai, mais ne dit rien. Le vieux portefeuille que j’avais était celui de Paul…

-          … mais je l’ai personnalisé … ouvre-le, m’encouragea-t-il.

Dans une pochette transparente prévue à cet effet, il y avait une photo de nous trois. Si je me souvenais bien, elle avait été prise courant novembre, lors d’une soirée chez un ami de Samy. J’étais au milieu, entourée de « mes » deux hommes. L’un souriait de toute sa bouche, l’autre avait les lèvres pincées, mais ses yeux bleus pétillaient. Instantanément, j’adorai cette photo. Je remerciai en silence Samy d’avoir pu retenir Vladimir pour qu’il m’offre cette image de nous trois. J’allais le remercier, mais je ne pus croiser son regard. Il me semblait à des années lumière de moi. Il avait ses yeux plongés dans son verre de vin et faisait tourner le liquide.

-          A nous ! dit soudain Samy.

Sa voix me fit presque sursauter.

-          J’ai hâte de voir ce que tu as trouvé pour moi !

-          J’ai gardé le ticket de caisse au cas où je me serai lamentablement trompée, l’informai-je.

Il rit tout en défaisant son paquet. Je tentai d’observer leurs deux réactions simultanément, mais Samy glapit de joie le premier. Du coup, je fus distraite et ne pus voir ce que Vladimir pensait de mon présent.

-          Il est magnifique ! J’adore !

-          J’ai fait graver « University of London, 2008 », comme ça, tu n’auras pas d’excuse pour ne pas te souvenir de l’année de notre rencontre !

Samy observait attentivement le bracelet en argent que je lui avais offert. Il était dur et épousait parfaitement son poignet. Des signes, d’origines celtes si j’en croyais le vendeur, étaient dessinés et s’entrelaçaient jusqu’à l’infini. Le vendeur, toujours lui !, m’avait certifié que cela signifiait quelque chose comme indestructibilité. Je trouvais que cela correspondait bien à Samy.

-          Et toi qu’as-tu eu ? questionna Samy.

-          Une montre, répondit Vladimir.

Il avait répondu d’une voix égale tout en montrant son poignet.

-          Elle te plait ? demandai-je en tentant de cacher une pointe de déception.

J’avais tergiversé pendant tellement longtemps pour choisir le modèle que j’avais espéré un peu plus d’enthousiasme de sa part !

-          Elle est à l’heure, me répondit-il.

Je sentis tous mes cheveux et poils se hérisser sur mon être. Je détestais lorsqu’il répondait de manière incohérente. Bien sûr que cette montre était à l’heure ! Mais ce n’était pas ma question !

Je dissimulai mon énervement en attrapant un toast. Je ruminai le comportement de Vladimir : clairement, il avait décidé de ne plus m’accorder une once d’attention. J’avais beau me répéter que c’était prévisible, je me détestais de ressentir un léger pincement, comme si un pieu rouillé me transperçait le cœur !

J’eus vaguement conscience que Vladimir avait offert à Samy une parure de stylos en je-ne-sais qu’elle matière et que ce dernier s’était procuré pour son ami un livre en langue tchèque. Une biographie je crois.

Je n’étais plus vraiment attentive. Je n’avais qu’une envie, c’était que la journée se termine, pour que je puisse me retirer dans la pénombre protectrice de la nuit.

Tout était trop lumineux, trop clair, pour moi en cet instant :

J’avais regagné la confiance de Samy.

J’avais perdu l’admiration de Vladimir.

Il s’était détaché de moi, aussi rapidement que Samy avait oublié l’épisode de la gifle. Qu’avait-il dit déjà ? Ah, oui, atrophiée … petite, minuscule la partie de son cerveau qui était capable de sentiments … Et j’avais cru que moi, Alice, j’avais fait repousser ses neurones ? Pff, j’étais trop orgueilleuse !




chapitre 13 fini, mais qui mérite des corrections ... il est un peu lent ... promis, je m'exerce pour faire le chapitre 14 plus enlevé .... on s'motive, on s'motive ...

Publié dans : histoire de voir ...
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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /Avr /2009 20:40
une petite vidéo d'un groupe que j'adoooooooooooooore

je l'ai trouvé sur youtube, ils étaient en concert au zénith de Paris dernièrement.

j'ai eu l'occasion des les voir en concert dans une petite salle, c'était grandioooooooose, tout comme à Bercy, mais sans l'orchestre derrière évidemment !
N'empêche, ils étaient à moins de 10 mètres de moi, et je n'étais pas devant pourtant !!!

à savourer sans modération !



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